26 septembre 2009
Le photographe de glaise
Fanny Ferré - Sculpture
23 juin 2009
Noir sur blanc
Cette histoire que tu racontes n'existe pas, sinon dans l'invisible, dans cet espace entre les lettres, les mots et les lignes.
L'encre, le noir de l'encre n'est qu'une illusion, une supercherie, un décalage.
Une licence offerte à ton être malade.
Ce noir-là, ton noir, s'il est quelque chose, est une usurpation.
Tu n'es pas dans tes lignes, mais entre elles,
pas moins illisible et filant qu'un mauvais courant d'air.
Du vent, rien que du vent. Tu es dans la marge, dans l'intervalle,
dans ce qui n'est pas dit, dans ce que tu tais, ce que tu caches.
Parce qu'il t'est impossible de le révéler. A moins de te perdre.
Ta vraie histoire est là, dans le blanc, dans tout ce que tu ne peux
ni ne veux écrire.
Dans le silence assourdissant du vide.
Ecrire est mentir, parfois. Ou toujours, dans ton cas.
Et broyer du noir pour en tirer des signes.
Un exercice automatique, une pratique permanente de l'esquive.
L'entretien d'un malentendu qui semble si vrai.
Un spectacle dont tu es l'auteur, l'acteur, et le clown.
La victime, et surtout l'assassin.
Une farce que tu voudrais légère et sans conséquence,
à rebours de ce grotesque intermède à quoi se résume ton existence.
Broyer du noir.
Rien ne pourrait mieux convenir au livre de ton mal.
Texte : Martin Cadeau — Visuel : Geneviève Caplet - homme noir et blanc
15 juin 2009
Pour Raphaël
L'oeil regardant au loin,
tant pour saisir une proie,
ou pour guetter la fin,
frère Raph, frère Raph, ne vois-tu rien venir?
De quoi as-tu si peur et qui t'as fait mourir?
Depuis plane en mon coeur
comme un silence étrange,
dans ta chute j'ai trouvé
de quoi détruire un ange;
Etre plus proche de toi
comme deux amants immondes,
je voudrais te toucher,
pouvoir sentir ta chair,
avec tes pieds enflés
vivant dans ma colère,
Oedipe dans les ténèbres,
est-ce la malédiction
qui de toi jusqu'à moi
me fait baisser le front?
Aurais-je du te dire combien
de ton brillant je me moquais,
et que je préférais de loin
le regard triste du boiteux?
T'ai-je dis que je t'ai ressenti
toute petite à ma fenêtre
dans cette chambre où je m'ennuie
en attendant le frère-charmant,
fille unique et inquiète?
Sarah, Sarah, ne vois-tu rien venir?
Où est parti ton frère qui voulait tant mourir?
Dix-sept années sans toi,
et maintenant le reste
de mes jours sur la terre
à maudire ton geste...
Il reste un père sur ma planète,
et un frère, Romain (pas grec),
il serait temps de nous aimer,
avec nos mains un peu souillées
de ton délire familier;
A ne pas pouvoir s'en remettre,
puisse-t-on au moins se reconnaître
et dans la peur ou dans la peine,
lire dans le flot de nos veines
ton souvenir coagulé.
Du sang qui coule sur une île grecque
Un train qui roule dans ma tête
Enfermés dans nos masques
nous vivons comme les dieux
contraints à une vie de grimaces
rêvant toujours comme Dédale
toi sur ton char moi à cheval
de retourner vers les étoiles
et de s'aimer au fond des cieux.
Sarah
10 mai 2009
L'a point de queue, Sarah, non, point de queue
Pas une gueule, une Bouche
pas des pattes, des Jambes
pas des griffes, des Ongles
pas une truffe, un Nez
pas des babines, des Lèvres
pas des naseaux, des Narines
pas des crocs, des Dents
pas des mamelles, des Seins
pas des jarrets, des Cuisses
pas une face, un Visage
pas une crinière, une Chevelure
pas une tête, une Tête
pas une langue, une Langue
pas un cou, un Cou
pas un sexe, un Sexe
pas une queue,
non, pas de queue.
14 avril 2009
une pensée de Sarah
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je pense. je suis un homme qui pense. une femme qui pense.
un être qui pense. un pensant. un je.
je suis un je qui pense qui dit je qui dit je suis un être qui pense.
je est un qui pense
et qui s’entend penser et qui se regarde penser et qui se sent penser et qui se renifle penser et qui s’éclot penser et qui s’attache penser et qui s’écrit penser et qui se pense penser et qui se veut penser et qui se meut penser et qui se ment penser et qui se meurt penser.
je est une pensée je est une pensée vivante je est une pensée qui vit je est une vie qui pense.
je est je. je est un bout de tout. je est un bout qui pense un tout. je est un bout de tout qui pense qu’il n’est plus le tout. plus du tout.
plus que je.
je est seul. je est seul dans le tout.
je est une part. je est une partie du tout. je est parti du tout. je est une part qui se sépare du tout. je est une part qui se sépare qui se départ qui se répare du tout. je est séparé-pas-réparé du tout. je est coupé du tout. je s’est coupé je saigne du tout je se répare se cicatrise du tout. je panse.
et je pense.
et je suis seule.
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28 mars 2009
Premier rêve de Sarah
Et puis on n’a qu’a faire comme si…
On n’a qu’à faire comme si toi tu avais une belle queue et un long museau ; on n’a qu’à faire comme si moi j’étais agile et balancée ; on n’a qu’à faire comme si toi tu étais un beau loup et moi un petit lapin frétillant et que je pouvais grimper très très haut dans l’arbre et que toi tu m’attendrais en jubilant et puis après peut-être tu pourrais me pique-niquer, après, si tu es sage, si je veux bien descendre…
On n’a qu’à dire que ton sexe est une marionnette, et le mien aussi, et on jouerait au chasseur qui tombe dans le piège à loup, et le loup qui rit et le petit lapin qui lui lèche les babines.
On n’a qu’à dire que ton sexe est mon petit animal de compagnie et qu’il aime pas les autres gens et qu’il a peur sans moi et qu’il vient se cacher dans mes jupes. Et moi aussi un petit animal craintif à caresser dans le sens du poil et puis après je t’aime et je m’ébroue et j’ai très faim.
On n’a qu’à dire qu’on se connaît depuis toujours et qu’avant on était des ours et qu’on jouait ensemble depuis toujours et qu’on était des baleines et qu’on nageait et qu’on faisait des concours de jet d’eau depuis toujours, et qu’on était des aigles et qu’on pouvait se voir à des kilomètres depuis toujours et qu’on était des couleuvres et qu’on s’enroulait l’un à l’autre et qu’on pouvait se frotter chaque parcelle de peau et s’emmêler et faire des nœuds, et qu’on était dans le même œuf et qu’on avait qu’une bouche.
Ce texte et ce dessin sont de ma fille Sarah
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12 mars 2009
La mer, aux profondeurs de l'oubli…
Ce train à l'arrêt depuis le 10 février, veille de son geste fatal, je l'avais oublié.
Constance m'a éveillé de mon sommeil, m'envoyant cette photo. Je la mets en ligne pour elle, pour lui, pour vous, pour moi. Puisse la mer noyer le chagrin qui ne peut s'éloigner.
Mes amitiés à vous toutes et tous, mon amour à chacune et chacun. Puisse l'esprit bouillonnant, par delà l'accident des vagues, rejoindre la lumière.
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10 février 2009
En gare du temps oublié
02 février 2009
Jean jaurès, quelques mots…
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Parce que le millionnaire n'a pas récolté sans peine, il s'imagine avoir semé.
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30 janvier 2009
Elle pleure, notre planète
Découvrez Ridan!




