sarah_couv

    Et puis on n’a qu’a faire comme si…
    On n’a qu’à faire comme si toi tu avais une belle queue et un long museau ; on n’a qu’à faire comme si moi j’étais agile et   balancée ; on n’a qu’à faire comme si toi tu étais un beau loup et moi un petit lapin frétillant et que je pouvais grimper très très   haut dans l’arbre et que toi tu m’attendrais en jubilant et puis après peut-être tu pourrais me pique-niquer, après, si tu es sage, si je  veux bien descendre…
    On n’a qu’à dire que ton sexe est une marionnette, et le mien aussi, et on jouerait au chasseur qui tombe dans le piège à loup, et le loup qui rit et le petit lapin qui lui lèche les babines.
    On n’a qu’à dire que ton sexe est mon petit animal de compagnie et qu’il aime pas les autres gens et qu’il a peur sans moi et qu’il vient se cacher dans mes jupes. Et moi aussi un petit animal craintif à caresser dans le sens du poil et puis après je t’aime et je m’ébroue et j’ai très faim.
    On n’a qu’à dire qu’on se connaît depuis toujours et qu’avant on était des ours et qu’on jouait ensemble depuis toujours et qu’on était des baleines et qu’on nageait et qu’on faisait des concours de jet d’eau depuis toujours, et qu’on était des aigles et qu’on pouvait se voir  à des kilomètres depuis toujours et qu’on était des couleuvres et qu’on s’enroulait l’un à l’autre et qu’on pouvait se frotter chaque parcelle de peau et s’emmêler et faire des nœuds, et qu’on était dans le même œuf et qu’on avait qu’une bouche.

                   Ce texte et ce dessin sont de ma fille Sarah

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