captif








    La fille de Hegen est belle. Elle a la blondeur d'un champ de blé posé sur la terre humide brillant au soleil. Son corps éloigne les sirènes. Sa peau fait pâlir les pêches. Son visage est un trésor. Ses mains sont comme des bijoux, ses jambes rendent jalouses les biches dans le bois.

    Tous les soirs, au crépuscule, elle longe le grand fjord. Elle descend près de la cabane du pêcheur, là où le soleil, emportant sa journée de tissage derrière le creux des montagnes, n'en finit pas de se coucher. Alors la folie du vent amène sous le grand chêne le baiser des roseaux. Entre les gros rochers, elle suit le sentier menant vers la carrière.

    Là, près des grandes cascades qui se jettent dans la mer, se tient le jeune captif. Brun, mat de peau. Les yeux vifs, beaux comme des noisettes. Les muscles saillants dorés par le doux soleil de l'été.

    Ce soir la jeune fille s'approche, lui demande doucement.

    — Quel est ton nom ? D'où viens-tu ?

    Encore plus pâle que les autres fois, il répond sans hésitation :

    — Je me nomme William, je suis du clan des Saxons, de ces hommes qui succombent s'il leur arrive d'aimer.

    Oxymore
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